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Comprendre

Réemploi et recyclage des emballages professionnels en France

Quel est le taux de recyclage des emballages professionnels en France ? Où en est le réemploi ? Les performances varient fortement selon les matériaux et les secteurs d’activité. Découvrez les chiffres clés, les objectifs européens et le rôle de la REP pour accélérer la transition vers une économie plus circulaire.

Les chiffres clés

  • 7,37 millions

    de tonnes d’emballages professionnels mises sur le marché chaque année

  • 57%

    des emballages professionnels recyclés en France

  • 73%

    des emballages collectés séparément

  • 26%

    de taux de recyclage pour les emballages plastiques

  • 3,46%

    de taux moyen de réemploi (donnée 2024)

  • 10%

    de réemploi visé à l’horizon 2027

Quels sont les taux de recyclage des emballages professionnels en France ?

En 2023, 57 % des emballages professionnels étaient recyclés en France, soit 4,2 millions de tonnes. Ce chiffre global masque toutefois des écarts importants selon les matériaux.

Matériau Taux 2023 Objectif 2030
Papier-carton 88% 85%
Bois 34% 30%
Acier 51% 80%
Aluminium 35% 60%
Plastique 26% 55%
Verre 75% 80%

(Source : Étude de préfiguration REP EIC, ADEME, 2024.)

Le papier-carton et le bois dépassent déjà les objectifs européens fixés par le règlement PPWRpour 2030. À l’inverse, les métaux et surtout les plastiques affichent encore des performances insuffisantes, ce qui en fait les principaux leviers de progression de la filière.

Comprendre les objectifs 3R et l’éco-modulation

Pourquoi le plastique reste-t-il le matériau le plus en retard ?

Avec un taux de recyclage de seulement 26 %, les emballages plastiques professionnels constituent aujourd’hui le principal défi de la filière.

Deux facteurs expliquent cette situation : un taux de collecte séparée encore insuffisant, notamment chez les petits détenteurs, et des capacités de recyclage encore limitées pour certaines catégories d’emballages (films colorés, plastiques souples complexes).

Les emballages plastiques rigides (bidons, seaux, caisses, IBC) ainsi que certains emballages souples (sachets, big bags) constituent aujourd’hui les priorités de développement.

Depuis 2019, Twiice conduit plusieurs projets pilotes pour développer de nouvelles filières de recyclage sur ces flux spécifiques.

Découvrir nos projets pilotes

La collecte : un enjeu particulier pour les petits détenteurs

En France, 73 % des emballages professionnels sont collectés séparément, soit 5,4 millions de tonnes. Cette performance s’explique principalement par la structure du gisement : 86 % des déchets d’emballages professionnels proviennent d’entreprises industrielles, généralement bien équipées pour organiser le tri.

La situation est différente pour les commerces, artisans, petites entreprises de services et centre hospitalier. Leur taux de collecte séparée atteint seulement 36 %, en raison de contraintes opérationnelles : manque d’espace, fréquence de collecte limitée ou méconnaissance des solutions existantes.

C’est précisément pour accompagner ces acteurs que Twiice propose des incitations financières et des dispositifs adaptés : diagnostic déchets, accompagnement au tri à la source et équipements de collecte.

Découvrir les soutiens Twiice

Où en est le réemploi des emballages professionnels ?

Avec un taux moyen de réemploi de seulement 3,46 %, les emballages professionnels restent encore loin des ambitions nationales.

Pourtant, le réemploi n’est pas une pratique nouvelle. Certaines filières en démontrent depuis longtemps la pertinence. Les palettes en bois, par exemple, affichent un taux de réemploi de 67 %, faisant figure de référence dans la filière.

L’enjeu consiste désormais à étendre ces modèles à d’autres flux encore peu développés : bidons, seaux, flacons, big bags, caisses en bois, et certains emballages en carton appelés à être remplacés par des solutions réemployables.

Chiffre d’affaires 2025 2026 2027
< 20 M€ 5% 10%
< 50 M€ 5% 7% 10%
> 50 M€ 7% 8% 10%

Les objectifs de mise sur le marché d’emballages réemployés (Source : Décret du 8 avril 2022.)

L’écart entre le taux actuel de 3,46% et l’objectif de 10% en 2027 illustre l’ampleur des transformations à engager. (Source : Bilan annuel ADEME, octobre 2025.)

Les objectifs européens PPWR prévoient des ambitions encore plus fortes à horizon 2040 : 25% pour les emballages groupés, 70% pour les emballages de transport et de vente en UE, 100 % pour les emballages de transport inter site au sein de l’UE et sur le territoire français.

Consulter le calendrier AGEC & PPWR

Comment la REP accélère le réemploi et le recyclage

La REP emballages professionnels ne constitue pas uniquement une nouvelle obligation réglementaire. Elle permet, pour la première fois, de disposer d’une vision nationale des flux d’emballages professionnels afin de mieux mesurer les performances de collecte, de recyclage et de réemploi, et de concentrer les investissements sur les gisements les plus stratégiques.

Elle met également à disposition des entreprises plusieurs leviers concrets : une éco-modulation des contributions selon les performances environnementales des emballages, des soutiens pour accompagner les projets de réemploi et d’amélioration du tri, et une prime destinée à favoriser l’incorporation de matières plastiques recyclées. 

Anticipez vos obligations

Contribuez à faire progresser la filière tout en préparant votre entreprise aux nouvelles exigences de la REP emballages professionnels.

FAQ

Ces trois leviers suivent une hiérarchie : réduire consiste à mettre moins d’emballages sur le marché ou des emballages plus sobres ; réemployer consiste à réutiliser un même emballage plusieurs fois sans qu’il devienne un déchet entre deux usages ; recycler intervient lorsque les deux premiers leviers ne sont pas possibles.

Le montant varie selon que l’emballage est à usage unique (contribution pleine), réemployable (réduction de 50 %) ou effectivement réemployé (aucune nouvelle contribution). D’autres critères, comme l’incorporation de matières recyclées ou l’éco-conception, peuvent s’ajouter à ce mécanisme.

Deux mécanismes distincts s’appliquent au réemploi.

Pour un emballage effectivement réemployé, aucune nouvelle contribution n’est due, à condition de tenir à disposition de l’éco-organisme les justificatifs du réemploi et de déclarer chaque année les quantités concernées. Pour les emballages mis sur le marché après le 1er janvier 2027, il faut aussi pouvoir démontrer qu’ils ont contribué lors de leur première mise sur le marché.

Pour un emballage réemployable (dès sa première mise sur le marché), une prime d’éco-modulation s’applique s’il s’inscrit dans un système effectif de réemploi : au moins 50 % de réduction de la contribution, portée à 100 % pour les emballages appartenant à une gamme standard.

Les deux cadres coexistent, mais leurs objectifs ne s’additionnent pas. Les objectifs français de réemploi s’appliquent jusqu’en 2027, tandis que le PPWR introduit à partir de 2030 de nouveaux objectifs européens, différenciés selon les types et usages d’emballages.

Les objectifs de la REP ne sont généralement pas définis par secteur d’activité, mais selon le type et l’usage des emballages. Les objectifs présentés ici sont ceux fixés au niveau national et européen pour l’ensemble de la filière. Certains flux sont cependant soumis à des objectifs spécifiques ou à des exemptions, notamment les emballages de transport de marchandises dangereuses.

Ces objectifs sont fixés au niveau collectif de la filière ; il n’y a pas de sanction individuelle liée à leur non-atteinte. En revanche, l’éco-modulation incite chaque entreprise à faire évoluer ses emballages pour réduire sa contribution.

Les obligations énoncées ci-dessus ne s’appliquent pas aux emballages de transport ou aux emballages de vente : – utilisés pour le transport de marchandises dangereuses conformément à la directive 2008/68/CE ; – utilisés pour le transport de machines de grande taille, d’équipements et de marchandises pour lesquels ces emballages sont spécifiquement conçus en vue de satisfaire aux exigences individuelles de l’opérateur économique ayant passé la commande ; – dans un format souple, qui sont utilisés pour le transport et qui sont en contact direct avec des denrées alimentaires et des aliments pour animaux au sens de l’article 2 et de l’article 3, point 4, du règlement (CE) no 178/2002, ou avec des ingrédients alimentaires au sens de l’article 2, paragraphe 2, point f, du règlement (UE) no 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil ; – sous forme de boîtes en carton ainsi que les intercalaires carton ; – les films de paletisation

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